Quand je crée une illustration, je n’y mets pas seulement du temps. J’y mets aussi ma sensibilité, mes choix, mon regard, mon univers et une part de moi.
C’est pour cela que je refuse que mes œuvres soient importées, utilisées ou détournées dans des outils d’intelligence artificielle. Pour moi, ce n’est pas un geste anodin. Une image créée à la main n’est pas une ressource libre à donner à une machine.
Une image confiée à l’IA ne m’appartient plus vraiment
Lorsqu’une de mes œuvres est insérée dans une IA, je perds une partie du contrôle sur ce qu’elle devient. Selon les outils utilisés, l’image peut être conservée, analysée, diffusée, réexploitée ou intégrée à des systèmes qui dépassent complètement le cadre dans lequel je l’avais créée.
Et c’est justement là que le problème commence. Une œuvre pensée avec intention peut alors sortir de son contexte, circuler sans moi, et être absorbée par un système sur lequel je n’ai aucune maîtrise.
Mon travail ne doit pas nourrir des générations d’IA
Ce qui me dérange profondément, c’est qu’une œuvre humaine puisse servir à alimenter les futures générations d’images produites par l’IA. Mon travail, mon style, mes choix visuels et mon univers n’ont pas vocation à devenir du carburant pour des modèles génératifs.
Créer demande du temps, de l’apprentissage, des essais, des erreurs, de l’émotion et une vraie présence. Je ne souhaite pas que tout cela soit utilisé pour enrichir des systèmes automatiques capables ensuite de produire d’autres images à partir de ce que les artistes ont créé avant eux.
Un système qui dépasse une seule plateforme
Le problème ne s’arrête pas à un seul outil. Dans un écosystème ouvert, ce qui entre dans une IA peut aussi nourrir des logiques plus larges, influencer d’autres systèmes, circuler, être recopié, transformé ou réinjecté ailleurs.
Autrement dit, utiliser une de mes œuvres dans une IA, ce n’est pas seulement toucher à une image. C’est potentiellement participer à une chaîne de réutilisation beaucoup plus vaste, dans laquelle l’artiste d’origine disparaît peu à peu derrière la machine.
Ce que je défends
Je crée pour des humains, pas pour entraîner des outils. Je crée pour raconter, transmettre, toucher, illustrer, faire exister des idées et des émotions.
Respecter mon travail, c’est aussi respecter la manière dont il a été créé et le cadre dans lequel je le partage. Mes œuvres ne sont pas destinées à être utilisées pour la génération, l’analyse, la transformation ou l’entraînement d’outils d’intelligence artificielle.



